Entretien avec Martí Alfonso, directeur commercial en Andorre: « Nous évoluons avec la société pour être à la tête de la banque de demain »
Martí Alfonso travaille chez Creand Crèdit Andorrà depuis 2012 et occupe depuis quelques années le poste de directeur commercial de l’établissement. Témoin direct de la profonde transformation du système financier, il a joué un rôle clé dans des étapes importantes telles que la fusion avec Vall Banc, l’adaptation à la révolution numérique, ainsi qu’aux changements réglementaires et fiscaux du secteur. Dans cette interview, nous analysons le passé, le présent et l’avenir d’une entité qui a su évoluer sans perdre son ADN local.
Quels changements le secteur bancaire a-t-il connus au cours des 20 dernières années ?
Le secteur a subi une véritable métamorphose, marquée principalement par la révolution de la culture de l’instantanéité. Nous sommes passés des opérations en agence à la banque en ligne, où le client peut effectuer de nombreuses transactions grâce à son téléphone portable, et le fera de plus en plus. Cela nous permet de consacrer plus de temps à une attention personnalisée. Dans notre cas, chez Creand, nous avons également réorganisé la division de banque privée avec des structures spécialisées par segments de clientèle, ce qui nous permet d’atteindre une plus grande efficacité et d’apporter une réponse globale.
Tout cela a conduit à une évolution de notre modèle de service client, donnant lieu à un nouveau concept d’agence.
L’application de l’IA nous permet également de déterminer quels clients pourraient être intéressés par la souscription à un produit ou à un service particulier et de détecter le moment opportun pour le faire, gagnant ainsi en efficacité commerciale et en satisfaction client.
Outre la technologie, une autre étape importante a été franchie : la mise en œuvre des changements que le secteur a dû adopter en matière de législation et de fiscalité. Aujourd’hui, le secteur financier andorran est pleinement conforme aux normes internationales les plus exigeantes, ce qui en fait un environnement beaucoup plus solide et transparent.
Le client d’aujourd’hui a lui aussi changé. Comment s’est-il adapté à ces nouvelles exigences ?
Nous avons affaire à un client mieux informé et plus exigeant. Son niveau de connaissance est plus élevé. À cet égard, je tiens à souligner le travail que nous menons chez Creand dans le domaine de l’éducation financière. Nous pensons qu’une société mieux informée est capable de prendre des décisions plus éclairées.
En matière d’investissement, on observe une nette sophistication : les clients ne se contentent plus des produits traditionnels ; les actifs alternatifs sont de plus en plus demandés. Notre réponse a été de spécialiser l’ensemble de notre nouvelle offre.
Par ailleurs, nous avons des clients nationaux et internationaux, ce qui entraîne une concurrence propre à ce contexte. C’est donc notre attention personnalisée – proposer le produit adapté à chaque étape de la vie du client – qui nous distingue.
La transformation numérique a-t-elle également nécessité une évolution de l’équipe ?
Absolument. Le profil professionnel a évolué, passant d’opérations administratives au conseil. Les opérations courantes sont déjà numérisées ; par conséquent, la véritable valeur d’un gestionnaire réside aujourd’hui dans sa capacité à fournir des conseils et à élaborer des stratégies financières.
Chez Creand, notre argument clé de vente est le duo gestionnaire + conseiller. Il ne s’agit pas seulement de connaître la finance, mais aussi de comprendre la fiscalité et les marchés mondiaux avec une vision à 360 degrés.
C’est ce qui nous permet de nous démarquer, et nous sommes reconnus pour cela à l’échelle internationale, comme l’a fait le groupe Financial Times l’année dernière en nous décernant le titre de « Meilleure banque privée d’Andorre ».
Comment voyez-vous le secteur dans dix ans, et quel rôle jouera l’établissement ?
Je vois l’agence du futur comme un « hub » de conseil de haute qualité, où les tâches courantes seront 100 % numériques et où l’espace physique sera réservé à la valeur ajoutée. Nous assisterons à une démocratisation des actifs, où les produits alternatifs et numériques coexisteront tout naturellement avec les produits traditionnels, et où nous aurons accès à tous les marchés.
Notre rôle sera de consolider ce leadership en Andorre. Notre croissance reposera sur la solvabilité et notre capacité à anticiper les besoins d’un monde en constante évolution.Nous évoluons avec la société pour être à la tête de la banque de demain.
Creand entretient un lien émotionnel très fort avec la société, notamment à travers le ski et la culture. Que représente cet engagement pour vous ?
Oui, pour nous, il s’agit d’un parrainage stratégique. Creand n’est pas seulement le principal sponsor privé du ski, mais aussi de la neige. Nous sponsorisons toutes les équipes et tous les skieurs de la FAE, mais nous participons également aux sociétés de gestion des stations de ski ; nous pensons qu’il s’agit d’un secteur clé pour l’économie du pays. Mais Creand s’implique également dans la culture, en sponsorisant des festivals tels que Classicand, Ull Nu, entre autres. Mais nous sommes surtout aux côtés de la société, dans des domaines tels que la formation, la culture, la musique et le savoir, par le biais de Creand Fundació. Nous sommes la seule banque à disposer d’une fondation, et nous en sommes fiers. En tant que banque, nous estimons être un acteur clé dans la dynamisation de l’économie du pays.
Orígens, Diari d’Andorra 24.04.26