En bourse, l’heure des sorcières désigne un moment précis qui se produit le troisième vendredi des mois de mars, juin, septembre et décembre, entre 12 h et 16 h 45. Durant cette période, les contrats à terme et les options sur indices boursiers et sur actions arrivent à échéance simultanément, ce qui génère d’importants volumes de transactions susceptibles d’affecter la valeur des actifs sous-jacents.
Aux États-Unis, on parle de triple heure des sorcières ou freaky friday, car trois types d’échéances coïncident : celles des contrats à terme sur indices, des options sur indices et des options sur actions. Sur ce marché, il n’existe pas de contrats à terme sur actions. En revanche, dans d’autres pays comme l’Espagne, il existe les contrats à terme sur actions. Cette quatrième échéance s’ajoute donc aux trois précédentes, d’où l’expression de quadruple heure des sorcières. De plus, à la Bourse de Madrid, contrairement à d’autres pays, les échéances sont mensuelles ; il n’est donc pas nécessaire d’attendre la fin de chaque trimestre.
Rappelons qu’un contrat à terme est un contrat dérivé standardisé par lequel deux parties conviennent d’échanger un actif (comme des matières premières, des devises, des actions ou des indices) à un prix fixé aujourd’hui, mais dont la livraison et le paiement auront lieu à une date ultérieure déterminée. Lorsqu’on ouvre un contrat à terme, il faut décider d’acheter (position longue) ou de vendre (position courte). Les acheteurs cherchent à acquérir un actif à un prix fixe aujourd’hui afin de le revendre plus cher à l’avenir ; ils espèrent donc que la valeur de l’actif sous-jacent augmentera. À l’inverse, les vendeurs de contrats à terme s’engagent à livrer l’actif sous-jacent à l’échéance, en échange du prix convenu dans le contrat, dans le but d’acquérir cet actif à un prix inférieur. Contrairement aux contrats à terme, les options sont plus complexes. La principale différence entre l’achat et la vente d’un call et/ou d’un put réside dans le rôle de chacun dans le contrat : à l’achat, on acquiert un droit, mais pas une obligation, en payant une prime ; à la vente, on contracte une obligation en échange de cette prime. Dans le cas des calls, ils confèrent le droit (en cas d’achat) ou l’obligation (en cas de vente) d’acheter un actif à un prix fixé (strike) avant une date déterminée. Dans le cas des puts, ils confèrent le droit (en cas d’achat) ou l’obligation (en cas de vente) de vendre un actif à un prix fixé (strike) avant une date déterminée.
Dans tous les cas, les acheteurs ou vendeurs de contrats à terme et/ou d’options doivent effectuer l’opération inverse de celle qu’ils ont initialement réalisée pour clôturer leur position. Par exemple, si un investisseur a ouvert une position longue en achetant un contrat à terme, il la clôturera en le vendant ultérieurement. Cette clôture peut être effectuée à tout moment avant la date d’échéance du contrat ; cependant, à l’échéance, toutes les positions sont automatiquement clôturées. De plus, les investisseurs peuvent également choisir de clôturer leur position et d’en ouvrir une nouvelle dans le même sens afin de maintenir leur exposition au marché ; cette opération est appelée roll-over des contrats à terme. Tant la clôture des positions que le roll-over contribuent à accroître le volume des transactions sur le marché et, souvent, à provoquer des pics de volatilité dans la cotation des actifs sous-jacents.
Grâce à l’automatisation et à la numérisation des marchés, l’impact de l’heure des sorcières a été considérablement réduit. Actuellement, les ajustements de positions sont généralement répartis sur la semaine précédant l’échéance au lieu d’être concentrés sur une seule journée. Tout investisseur, actuel ou futur, devrait toutefois être conscient de ce phénomène : comprendre pourquoi le marché évolue parfois sans causes apparentes est essentiel pour éviter de prendre des décisions hâtives lorsque cela se produit.
Diari d’Andorra 10.06.26
