Cybersécurité : le principe d’immunité de groupe appliqué au monde technologique - Creand
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Cybersécurité : le principe d’immunité de groupe appliqué au monde technologique

Nous constatons depuis quelque temps un renforcement de la réglementation en matière de cybersécurité. Dans notre pays, avec lapprobation de la loi 22/2022 du 9 juin relative aux mesures de sécurité des réseaux et des systèmes dinformation, les bases de cette réglementation ont été établies et, surtout, deux groupes dentreprises avec deux niveaux dimpact ont été définis : les entreprises importantes et les entreprises essentielles.

La réglementation établit la nécessité dadopter des mesures techniques et organisationnelles proportionnelles au risque, dans le but daccroître les niveaux de sécurité. Si toutes les entités renforcent leur niveau de sécurité, la sécurité collective de lensemble du pays est également renforcée. Il sagit du principe dimmunité de groupe appliqué au monde technologique.

Le principal objectif de cette loi nest pas de protéger les entreprises de manière isolée pour leur propre bénéfice privé, mais de protéger la sécurité nationale et notre économie dans son ensemble. Dans un écosystème numérique et dans un pays de la taille de lAndorre, limpact de la cybersécurité pourrait être considéré comme systémique.

Cette préoccupation, qui se traduit par une réglementation accrue, nous conduit à investir davantage dans la sécurité afin daméliorer nos niveaux de sûreté. Si notre intention est daméliorer la maturité en matière de cybersécurité, nous devons aborder trois domaines daction : les personnes, les processus et les outils (la technologie).

Le premier domaine qui nous vient à lesprit est celui des outils, de la technologie, cest-à-dire les éléments techniques qui permettent lexécution ou le contrôle. Nous pouvons citer comme exemples les instruments qui nous permettent dauthentifier les utilisateurs, ou les systèmes de surveillance et de détection des attaques, ou encore les technologies dautomatisation permettant de réagir rapidement et de manière structurée.

Le deuxième domaine, celui des méthodes ou des processus, correspond aux règles du jeu. Ils définissent le comment, le quand et le pourquoi. Sans méthode, les meilleurs outils sont inutiles.

Les cadres et les politiques, les procédures ou les plans dintervention sont tout aussi nécessaires que les outils les plus modernes, car ils définissent notre stratégie de sécurité, identifient les risques et établissent des mesures.

Enfin, le troisième domaine est celui des personnes. La sécurité commence et se termine avec les individus. Dans le cadre de ce domaine, il faut évaluer la sensibilisation et lorganisation humaine. Nous avons beaucoup parlé de sensibilisation, du besoin de sensibiliser, dinformer sur les risques, ce qui est essentiel dans un environnement où lutilisateur est devenu la cible numéro un des attaques.

Une erreur très fréquente consiste à consacrer la majeure partie du budget aux outils, en oubliant les méthodes (les processus permettant de les gérer) et les personnes (qui doivent les utiliser ou éviter les pièges). On atteint la véritable maturité lorsque les trois domaines progressent au même rythme.

Parmi ces trois axes daction, je voudrais souligner celui des personnes, mais dun point de vue opérationnel. Je fais référence aux personnes qui, dans notre vie quotidienne, travaillent pour assurer la protection, à quelque niveau que ce soit. Actuellement, le pays manque de profils spécialisés en cybersécurité pour des raisons faciles à deviner : une demande intérieure plus forte (générée, entre autres, par la réglementation), une concurrence féroce du télétravail international, le manque dattractivité pour les talents qui pourraient venir sinstaller dans le pays ou labsence dune offre locale de formation spécialisée en cybersécurité.

Cest cette dernière raison qui nous a conduits à créer le diplôme de troisième cycle en Cybersécurité, dont la première édition débutera à lUniversité dAndorre en octobre. Pourquoi un diplôme de troisième cycle en cybersécurité ? Pour de nombreuses raisons : parce quil existe une réelle demande de professionnels qui nest pas satisfaite, parce que cette demande va augmenter, pour éviter daller étudier à létranger, parce que cest une suite logique du diplôme en informatique de lUdA et, surtout, parce que ce sera loccasion de constituer un réseau, détablir des contacts entre étudiants, entre professeurs renommés, entre institutions et, par conséquent, dentrer dans le monde de la cybersécurité.

Si nous voulons renforcer notre immunité collective en matière de cybersécurité, si nous voulons vivre dans un pays plus sûr sur le plan technologique, nous devons être capables de former nos étudiants afin quils puissent mener leur activité en tant que professionnels au sein des entreprises du pays qui ont besoin deux.

Diari d’Andorra 25.06.26
Écrit par
Autor post
Albert Santisteve Prim
Directeur de Technologie et sécurité de Creand Crèdit Andorrà